Force d’un piment, échelle de Scoville et ASTA pungency units

Dans l’article piment, capsicum et sa classification, j’avais précisé que l’effet piquant / chaleur / douleur d’un piment est dû à la présence de capsaïcinoïdes, dont le plus connus et majoritairement présent dans le piment est la capsaïcine. Leurs concentrations diffèrent d’une variété de piment à une autre, et même d’un piment à un autre, ce qui va affecter leur force ou puissance. Il existe deux tests pour déterminer la force d’un piment : L’échelle de Scoville et l’ASTA pungency units (ASTA = American Spice Trade Association).

L’échelle de Scoville, aussi appelée test organoleptique Scoville, a été inventée en 1912 par le pharmacien Wilbut Scoville. Le déroulement du test se produit de la manière suivant : Les capsaïcinoides sont extraites du piment et mises dans une solution d’alcool. Cette solution est donnée un panel de 5 personnes entrainées, qui la goutent et déterminent si c’est « hot » / « piquant ». La solution est ainsi diluée progressivement, jusqu’à ce que 3 des 5 personnes annoncent qu’elles ne perçoivent plus de chaleur / piquant. Le nombre de dilution détermine l’unité Scoville du piment (en anglais Scoville units ou SHU).

Le problème avec ce test est qu’il n’est pas très reproductible et se  base uniquement sur la perception de l’effet de chaleur qui est subjective. Dès lors, l’ASTA a abandonné la vieille méthode de Scoville pour utiliser la technique d’analyse chimique HPLC (high-performance liquid chromatography). Elle a ainsi créé l’unité ASTA pungency units. La méthode consiste à mesurer séparément chacun des capsaïcinoïdes (capsaïcine, dihydrocapsaïcine, nordihydrocapsaïcine, homodihydrocapsaïcine, homocapsaïcine) auxquelles un facteur de puissance est appliqué. C’est donc une méthode bien plus reproductible et basée sur la quantité des capsaïcinoïdes dans le piment.

Il existe tout de fois un point de controverse. Lorsque que cette méthode a été publié, il était noté que l’on pouvait convertir l’ASTA pungency unit en unité Scoville, en multipliant par 15 l’ASTA pungency unit (1 ASTA pungency unit = 15 unité Scoville). Cependant, les industriels qui utilisent cette méthode d’HPLC estiment que la conversion avec ce facteur 15 donne un résultat de 20 à 40% inférieur aux résultats obtenus par le test organoleptique Scoville.

Internet regorge de tableau de l’échelle de Scoville regroupant une multitude de variétés de piments associées à leur unité Scoville. Voici quelques exemples de variétés connues :

  • le poivron a une unité Scoville de 0
  • le piment d’Espelette est à 1500 – 2500 unités Scoville
  • le tabasco est à 7000 – 8000 Scoville
  • le piment de Cayenne est à 30 000 – 50 000 Scoville
  • le piment Habanero va de 100 000 à 577 000 Scoville suivant les variétés
  • Le piment recensé comme le plus fort au monde est le Carolina Reaper avec 1 569 300 – 2 200 000 Scoville. Il a détrôné, en 2013, le Trinidad Moruga Scorpion qui est à 1 200 000 – 2 009 231 Scoville.

Pour comparaison, voici les unités Scoville des différents capsaïcinoïdes, ainsi que le % approximatif de leur présence dans Capsicum annuum :

  • la capsaïcine (69%) est à 16 000 000 Scoville
  • la dihydrocapsaïcine (22%) est à 15 000 000 Scoville
  • la nordihydrocapsaïcine (7%) est à 9 100 000 Scoville
  • la homocapsaïcine (1%) est à 8 600 000 Scoville

Aussi, il faut prendre en considération que ces records ont été homologués. Hors faire tester officiellement la puissance d’un piment coûte cher, sans parler de la course effrénée au piment le plus fort où chacun peut croiser différentes variétés pour espérer produire le piment le plus fort au monde. Il va s’en dire qu’il existe probablement des variétés plus forte que le Carolina Reaper, mais pour des raisons financières, elles n’ont pas été testées.

Enfin, Dave DeWitt, « Pope of Peppers » et historien de la nourriture (food historian), n’hésite pas à dire que la force d’un chili est 50% génétique et 50% enivrement (« The pungency in chili peppers is 50 percent genetic and 50 percent environmental. […] Pods that grow lower down on the plant are hotter. Stress on the plants, if water is withheld perhaps, makes them hotter. » Source: Popsci). Ainsi, même avec une méthode reproductible telle que l’HPLC pour mesurer les concentrations des capsaïcinoïdes, il est difficile de déterminer qu’une variété est plus forte qu’une autre.

Source:

Piment, capsicum et sa classification

Le piment, en anglais chilli ou chile ou chili pepper et en caraïbe aji, est le fruit (botaniquement, c’est une baie car le fruit est produit à partir de l’ovaire d’une seule fleur) des plantes du genre Capsicum. Il est originaire d’Amérique du sud et d’Amérique centrale. L’effet piquant du piment est dû aux capsaïcinoïdes qu’il contient. Les capsaïcinoïdes font parties de la famille des alcaloïdes. Ils sont liposolubles et se composent, par ordre de concentration dans le piment :

  • Capsaïcine
  • Dihydrocapsaïcine
  • Nordihydrocapsaïcine
  • Homodihydrocapsaïcine
  • Homocapsaïcine

Ces molécules se fixent sur les récepteurs membranaires vanilloïdes sous-type 1 (TRPV1) présents sur les nocicepteurs (récepteurs spécifiques à la détection d’un stimulus nocif). Les TRPV1 sont aussi activés par les températures chaudes extrêmes (>40°c environ). L’activation du système nociceptif peut induire une perception douloureuse. C’est la raison pour laquelle, le piment a un effet de chaleur, de piquant et même de douleur.

Le piment et le poivron appartiennent au même genre Capsicum. Le poivron est le fruit des plantes de certaines variétés de l’espèce Capsicum annuum, mais contrairement au piment, il ne secrète pas (ou peu) de capsaïcine.

Enfin, le piment fait partie de la clade des angiospermes. Les angiospermes correspondent aux plantes à fleur et ils possèdent un ovaire enveloppant les ovules, qui après une double fécondation sexuée (toute fois, il existe des espèces parthénocarpiques) donnera un fruit. Il existe deux classifications des angiospermes: La classification de Cronquist, la plus ancienne, et la classification APG (Angiosperm Phylogeny Group). Cette dernière prend en compte l’aspect génétique contrairement à celle de Cronquist.

Classification de Cronquist (1981) Classification APG III (2009)
Règne Plantae
Sous-règne Tracheobionta
Division Magnoliophyta
Classe Magnoliopsida
Clade Angiospermes
Clade Dicotylédones vraies / Eudicotylédones
Clade Noyau des Dicotylédones vraies / Eudicotylédones supérieures
Clade Astéridées
Clade Lamiidées / Euastéridées I
Sous-classe Asteridae
Ordre Solanales Solanales
Famille Solanaceae Solanaceae
Sous-famille Solanoideae
Tribu Capsiceae
Genre  Capsicum Capsicum
Espèce Capsicum annuum
Capsicum baccatum
Capsicum buforum
Capsicum caballeroi
Capsicum campylopodium
Capsicum cardenasii
Capsicum ceratocalyx
Capsicum chacoense
Capsicum chinense
Capsicum coccineum
Capsicum cornutum
Capsicum dimorphum
Capsicum dusenii
Capsicum eshbaughii
Capsicum eximium
Capsicum flexuosum
Capsicum friburgense
Capsicum frutescens*
Capsicum galapagoense
Capsicum geminifolium
Capsicum havanense
Capsicum hookerianum
Capsicum hunzikerianum
Capsicum lanceolatum
Capsicum leptopodum
Capsicum lycianthoides
Capsicum minutiflorum
Capsicum mirabile
Capsicum mositicum
Capsicum parvifolium
Capsicum pereirae
Capsicum pubescens
Capsicum ramosissimum
Capsicum recurvatum
Capsicum rhomboideum
Capsicum schottianum
Capsicum scolnikianum
Capsicum sinense
Capsicum spina-alba
Capsicum tovarii
Capsicum villosum

La liste des espèces, excluant Capsicum frutescens, a été établie à partir du site The plant list.

*Capsicum frutescens est considéré comme un synonyme de Capsicum annuum d’après The Plant List et ITIS (ici et ici), alors que le site Catalogue of Life l’accepte comme espèce. La classification des espèces portent à débat depuis les années 1600, d’autant plus qu’elle était basée uniquement sur des critères morphologiques des fleurs et des fruits (botaniquement, ce sont des baies) et de leurs localisations géographiques. En 1957, Heiser et Smith proposent 5 espèces de piments cultivées à partir d’étude d’hybridation:

  • Capsicum annuum
  • Capsicum baccatum
  • Capsicum chinense
  • Capsicum frutescens
  • Capsicum pubescens

Une récente étude génétique a montré qu’il y a deux groupes monophylétiques distincts : C. ciliatum et un groupe incluant tous les autres Capsicum (cf. figure 4 tirée de cette même publication scientifique). Ce dernier groupe est composé de plusieurs clades : le complexe C. eximium/cardenasii, le complexe C. baccatum/chacoense et le complexe C. annuum/chinensis/frutescens/galapagoense. Toutefois, ce dernier clade est faiblement supporté. C. annuum semble clairement correspondre à un groupe monophylétique et d’après leurs marqueurs moléculaires, C. baccatum et C. frutescens semblent former deux groupes monophylétiques distincts. Une autre étude génétique a montré que C. frutescens et C. chinense sont deux espèces différentes. Enfin, C. pubescens et C. tovarii sont plus problématique à classer d’après les auteurs de la première étude citée.

phylogénétique of capsicum chili pepper species phylogenetic

Dans les futurs articles sur les piments, j’aborderais uniquement les 5 espèces cultivées.

Source :

  • Brian M. Walsh and Sara B. Hoot, A phylogenetic analysis of the species relationships within Capsicum (Solanaceae) using sequences from two DNA non-coding regions : the chloroplast atpB-rbcL intergenic region and introns of the nuclear gene waxy introns, Int. J. Plant Sci. 162(6):1409–1418. 2001.
  • Jit B. Baral and Paul W. Bosland, Unraveling the Species Dilemma in Capsicum frutescens and C. chinense (Solanaceae): A Multiple Evidence Approach Using Morphology, Molecular Analysis, and Sexual Compatibility, J. Amer. Soc. Hort. Sci. 129(6):826–832. 2004.

Hydroponie #4 : Lampes à LED pour croissance des plantes en hydroponie

L’été en Finlande, c’est le top pour faire pousser des plantes, car il y a peu de nuit (5h de nuit sur Helsinki en Juin et encore). Donc les plantes reçoivent leur 18-19h de lumière par jour, même plus dans le nord de la Finlande, et c’est super chouette ! Le problème c’est l’hiver où c’est l’inverse. Peu de lumière, il fait nuit tout le temps, les plantes ne vont clairement pas aimer 3h de soleil par jour et encore, si les nuages ne sont pas de la partie. Du 1 au 26 novembre 2014, sur Helsinki, on a eu seulement 12h de lumière (alors que la moyenne calculée depuis 1961 est d’un peu plus de 35h). 12h de lumière sur 26 jours est égale à, environ et à la louche, 30 min de lumière par jour ! Autant dire que mes plants de piments vont tirer la gueule !

Longue tirade pour vous dire qu’il va me falloir des lampes pour compenser ce manque de luminosité, si je souhaite continuer à faire pousser mes piments cet hiver. Le reste (nutriments + chaleur) ne devrait pas être un problème à l’intérieur de l’appartement.

Mon expérience en lampes pour croissance des végétaux (grow light) est néante (je ne suis qu’une hydroponoob), je ne peux donc pas faire des comparaisons et annoncer celles qui fonctionnent le mieux. Par contre, je peux clairement certifier que les lampes pour croissance des plantes de type Metal Halide (MH) ou High-Pressure Sodium (HPS) coutent énormément en consommation électrique et c’est donc quelque chose à considérer lorsque l’on veut faire pousser ses plantes en appartement ou en serre en hiver. D’ailleurs, c’est une chose que je ne considère pas du tout. Mais heureusement, il existe les LEDs (en français DEL pour diode électroluminescente), qui sont connues pour consommer peu d’énergie, en plus de pouvoir choisir les longueurs d’onde voulues. C’est donc vers ce système de lampe que je me suis tournée.

J’ai acheté une lampe chez le vendeur Growsunlight Co., ltd sur Aliexpress (oui, c’est souvent moins chers, mais on ne sait jamais vraiment sur quoi on va tomber, tout dépend du vendeur). Dans la pratique et peu importe où vous achetez vos LED, le nombre de watt annoncé, n’est jamais celui obtenu. Vous pouvez le diviser par deux au moins. Ici, la lampe annonce 54W mais le vendeur précise bien qu’au final, on a 18W (je n’ai pas vérifier). Donc ça ne devrait pas consommer trop d’électricité. Il y a 18 LED de 3W chacune. Mon problème avec ce produit est qu’il ne correspond pas à la description donnée par le vendeur. Je devais avoir rouge 660nm x2, rouge 630nm x6, orange 610nm x1, bleu 460nm x2, bleu 450nm x2, blanc 12000K x1, blanc 6500k x1, blanc 3500k x2 et infrarouge 730nm x1. Or, ce n’est pas du tout ce que j’ai, il manque au moins les 4 led blanches, qui sont remplacées par des led rouges et je ne suis pas sûr que les différents spectres de rouges et bleus soient bien respectés. Je suis en contact avec le vendeur pour que l’on trouve un accord. Il semble vouloir m’envoyer les LED blanches en compensation. Du coup, j’ai aussi demandé des vertes. Bref, affaire à suivre. Aussi, il faut voir si je peux changer moi même les LEDs. A vu de nez, il faudrait en désoudre une pour en soudre une autre.

led growing light for hydroponics

En fait, on sait déjà que les LED rouges et bleues permettent la croissance des plantes, mais une récente étude faite par la NASA a montré qu’un supplément de 24% de LED vertes (500-600nm) augmente la croissance des plantes sous LED rouges et bleues (voici la publication scientifique). Donc mon idée est d’optimiser mes lampes en y remplacent un ou deux LED rouges par du verts. Ça devrait être possible de changer soit même les LED avec un peu de débrouillardise.

Quoi qu’il en soit. Cette lampe (13 LED rouges, 4 LED bleus et 1 LED infrarouge) fonctionne et on voit les plantes grandir, fleurir et former des fruits. Je viens juste d’ajouter une seconde lampe pour illuminer mon bac en Ebb-flow, car, et c’est le problème des LEDs, ces lampes ont une zone d’illumination restreinte, donc il en faut plusieurs en fonction du nombre de plante à faire pousser et de leur configuration spatiale.

led growing light for hydroponics systems

Pour avoir une idée du résultat, voici une photo prise le 6 septembre 2015, le jour même où j’ai mis un lampe en marche au-dessus de ce bac.

ebb-flow hydroponic system

Maintenant une photo du 19 septembre 2015 et toujours avec une lampe à LEDs. Il y a les deux plantes d’origines et une troisième, qui venait juste de montrer ses premières feuilles et que l’on ne voit pas sur la photo, car elle est au milieu arrière et cachée par les autres plantes.

led light for hydroponics 19 septembre 2015

Enfin, une photo prise, il y a quelques jours. J’ai ajouté une seconde lampe le jour même. Il y a les deux plantes d’origines, ainsi que la troisième ajoutée en cours de route et une quatrième qui venait juste de pointer son nez et que l’on ne voit pas car elle est dans le coin en haut à droite.

led light for hydroponics ebb flood flow system

Oui, l’une des plantes à des feuilles dont les côtés sont enroulés vers le bas. Il semble que c’est un problème de nutriment (trop de nutriment ?), je suis en train de me pencher dessus.

Quoi qu’il en soit, mes lampes fonctionnent et mes plantes grandissent, fleurissent et forment des fruits grâce à elles. Est-ce que c’est optimiser ? Apparemment non, vu qu’il manque le spectre vert 500-600nm. Aussi, l’intensité lumineuse n’est peut-être pas suffisamment puissante pour optimiser la croissance des plantes. Ceci dit, qui dit augmentation de l’intensité lumineuse, dit augmentation du nombre de Watt et donc plus grande consommation d’électricité. C’est donc un choix à faire. Enfin, n’hésitez pas à faire vos propres tests pour voir ce qui fonctionne le mieux pour vous.

La prochaine étape est donc d’optimiser mes lampes en y ajoutant des LEDs vertes.

Hydroponie #3 : Ebb & Flow/Flood ou table à marée

J’ai installé trois systèmes hydroponiques: la méthode la plus simple, Kratky; la méthode d’hydroponie avec une pompe à air et la méthode EBB and Flood, aussi appelé EBB and Flow et en français elle se nomme table de marée.

L’idée de cette méthode est d’avoir un premier bac contenant l’eau enrichie en nutriment et un second bac avec les plantes. Une pompe à eau va permettre de transférer l’eau du premier bac au second pour irriguer les racines, puis cette eau retourne ensuite dans le premier bac. Il faut activer la pompe quelque secondes à une minute (ou plus en fonction de la taille du bac et de la puissance de la pompe à eau) deux à quatre fois par jour afin d’apporter de l’eau + nutriments aux racines régulièrement.

Voici un dessin (oui, je dessine mal) représentant le système EBB & Flow:

Ebb flow Ebb Flood

Dans la pratique, ce n’est pas difficile à faire, toute fois, une perceuse avec l’accessoires pour faire des trous d’un diamètre précis est recommandée car, ça simplifie la vie.

Je ne vais pas entrer dans les détails, car j’ai suivi ce tutoriel avec les mêmes accessoires. Je vais juste montrer les principales étapes en photo avec des explications brèves en français (le tuto original est en anglais).

Vous pouvez utiliser n’importe quelle boite tant qu’elle est opaque et vous pouvez monter ça comme bon vous semble, tant que vous avez: un bac, un compartiment pour les plantes, une pompe à eau et un système de prévention de surplus d’eau. Ici, le choix de la boite noire d’Ikea est d’une part très pratique (pas besoin de peindre la boite) et économique (5 euros l’ensemble). La pompe à eau m’a coutée 15 euros, il n’y a pas besoin d’une pompe puissante et elle est trouvable dans les magasins d’hydroponie et aquariophilie. Pour le reste, ça se trouve en quincaillerie. Ne pas sous-estimer le système D et la récup’ (vieux bout de robinet, filet à mèche fine d’ail, etc.). Enfin, j’ai utilisé un pistolet de colle à chaud pour coller les différents éléments ensembles.

Matériel :

  • 1 boite noire Samla d’Ikea de 22 litres
  • 1 accessoire compartiment Samla d’Ikea
  • 1 pompe à eau
  • 1 arrivé d’eau en plastique ( ? c’est inlet en anglais), j’ai trouvé la mienne au rayon bateau d’un magasin de bricolage (Biltema sur Helsinki)
  • 1 tube en plastique (de l’épaisseur de l’arrivée d’eau et de la sortie de la pompe à eau, sinon, il faudra un connecteur)
  • 1 brise-jet de robinet (faucet en anglais), il est possible d’utiliser une moustiquaire ou un filet à ail, en fait, quelques choses à mailles fines qui permet le passage de l’eau et évite celui des billes d’argile et autres bout de feuilles/plantes/débris. Un brise-jet de robinet coûte quelques euros en quincaillerie et contient plusieurs filtres.

table à marée hydroponie

Méthodes : Pour plus de détails, n’hésitez pas à aller voir ce tuto.

  1. Faire deux trous (un de chaque côté) dans l’accessoire compartiment Ikea Samla. Un trou correspondant à l’arrivée d’eau en plastique (inlet) et un trou pour l’évacuation du surplus d’eau (ce trou doit faire la taille du tube en plastique vers un peu moins pour éviter que l’eau ne passe entre).
  2. Coller un filtre du brise-jet du robinet sur l’arrivé d’eau en plastique. Insérer un bout de tube en plastique à l’autre bout de cette arrivé d’eau. Faire passer le tube à travers le trou du compartiment Samla d’Ikea. A l’opposé de ce tube en plastique, insérer la pompe à eau. La taille du tube en plastique dépend de la taille du bac.
    table à marée hydroponie
  3. Coller un filtre du brise-jet du robinet sur un autre bout de tube en plastique. Faire passer le tube en plastique à travers le second trou du compartiment Samla d’Ikea. Il faut ajuster l’emplacement de cette évacuation du surplus d’eau en fonction du niveau des plantes et racines.
    table à marée hydroponie
  4. Placer le compartiment sur le bac (le compartiment Samla se place parfaitement dans le bac 22L Samla vu que c’est fait pour).
    ebb flow flood hydroponics
  5. Vérifier la taille des tubes et ajuster le niveau d’eau enrichie en nutriment en fonction de la pompe (la pompe doit être submergée).
    ebb flow flood hydroponics
  6. Remplir le compartiment de bille d’argile.
  7. Placer les plants dans le compartiment (mes plants sont dans un cube rockwool qui est dans un net-pot) et activer la pompe à eau. Arrêter la pompe une fois que l’eau a atteint les racines. Mettre la pompe à eau en marche 2 à 4 fois par jour.
    ebb flow ebb flood hydroponics
    Oui, je n’avais plus assez de bille d’argile. Depuis, j’en ai racheté et rempli le compartiment.

Voilà, il ne vous reste plus qu’à faire pousser vos plantes dans votre appartement, dans votre jardin ou en serre. Toute fois, pensez à vérifier le niveau d’eau du bac et à le changer de temps en temps, histoire de renouveler l’eau+nutriments.

Hydroponie #2 : Système hydroponique simple avec une boite Ikea et une pompe à air

Dans le premier article sur l’hydroponie, je vous avais parlés de la méthode la plus simple d’hydroponie avec le système d’hydroponie passif et non-circulant. Aujourd’hui, je vous parler de la version améliorée de cette méthode Kratky, en lui dotant d’une pompe à air, aussi appelé bulleur. Ce sont les mêmes bulleurs que l’on trouve en aquariophilie. Il est donc facile de s’en procurer, soit dans les magasins de culture indoor / culture hors-sol / hydroponie, soit dans les magasins d’aquariophilie / animaliers.

J’en profite pour vous montrer le système que j’ai installé avec une boîte Ikea (boîtes Samla). Il y a deux points positifs à utiliser les boîtes Ikea : 1- Le prix, 2- Elles sont disponibles en noir. Il n’y a donc pas besoin de les peindre ou de les recouvrir de papier d’aluminium. Evidemment, tous types de boites ou pots peuvent convenir, tant que c’est hermétique, opaque et que ça ne modifie ni le pH, ni la conductivité de l’eau.

L’importance et l’intérêt du bulleur / pompe à air est d’oxygéner l’eau (les plantes ont besoins d’oxygène) et de permettre une meilleure absorption des nutriments par les racines.

Voici les étapes du montage que j’ai fait:

  • J’ai acheté des boîtes noires Ikea Samla de 11L avec leur couvercle noir.
  • J’ai fait plusieurs trous circulaires à la perceuse. Les trous doivent être un peu plus petits que le haut du net pot. J’en ai fait 8 mais je ne compte pas forcément utiliser ces huit trous en même temps. Les non-utilisés seront couverts par une feuille plastifiée noire.
    Ikea box for hydroponic system
  • J’ai acheté une pompe à air, un tube en plastique du bon diamètre, un dispatcheur (je ne connais pas le nom exacte de ce bout de métal, mais ça permet de renvoyer l’air sur plusieurs sorties en même temps) et des boules à air (idem, je ne connais pas vraiment le nom en français, ce sont des boules (ou carrés) que l’on attache au bout du tube et qui seront plongées dans le bassin rempli d’eau). J’ai relié la pompe à air à l’entrée du dispatcheur avec du tube, puis j’ai relié les trois sorties aux trois boules à air avec du tube.
    air pump for hydroponic system
  • J’ai ajouté de l’eau enrichie en nutriment (hydro grow d’Ionic). Je me suis arrêtée avant d’atteindre les net pots, vu qu’ils ne doivent pas être submergés, seul les racines doivent baigner.
  • J’ai placé les plantes dans le système (ici: 2 plants de piment, l’un qui va très bien alors que l’autre semble rachitique, et 2 plants de basilic) et recouvert les trous par du papiers plastifiés noirs. J’espère que ce sera efficace pour éviter la formation d’algues et autres joyeusetés indésirables dans l’eau.
  • J’ai mis les trois boules à air dans le même bac à différents trous, car je n’ai pas encore installé les deux autres boîtes Ikea. Ceci dit, trois petites boules à air dans ce bac me semblent bien et je vais essayer de trouver un plus grand dispatcheur pour les autres bacs. L’idée étant que j’utilise qu’une seule pompe à air pour mes trois bacs. Mais il ne faut pas oublier de prendre en compte la puissance de la pompe à air, si vous souhaitez utiliser qu’une seule pompe sur plusieurs grosses boîtes. Ici, j’ai un petit bulleur basique, pas très puissant mais ça me suffit largement.
    hydroponic system with ai pump for growning chili and basil, chilli

Cette méthode est donc très simple et demande juste l’ajout d’une pompe à air à la méthode Kratky. On peut trouver des pompes à air pour une dizaine d’euro. J’ai acheté la mienne en promo à 6,5 euros au lieu de 15 euros.

Enfin, la photo ci-dessous est floue, mais je voulais montrer la facilité de transfert d’une plante d’un système à un autre. Dans ce cas-là, de la méthode Kratky depuis à pot de yaourt d’un litre à cette méthode d’hydroponie avec bulleur dans un bac Ikea d’onze litres.

easy plant transfer from one hydroponic system to an other

Voilà, plus qu’à laisser pousser vos plantes, récolter vos fruits/légumes/feuilles/racines dans votre appartement ou jardin et à renouveler l’eau enrichie en nutriment lorsque le niveau est bas. La boîte noire Ikea est vraiment pratique et facile à mettre en place, surtout si vous avez déjà une petite perceuse avec l’embout pour les coupes circulaires.

Edit: A la demande de Thibaut, j’ai ajouté un schéma pour montrer comment la pompe à air oxygène, via des bulles d’air, le bassin d’eau supplémenté de nutriments où les racines des plantes baignent.

Hydroponie #1 : Méthode Kratky ou système hydroponique simple et non-circulant

Depuis le 1er août, je me suis mise à l’hydroponie. Tout a commencé lorsque j’en ai eu marre de ne pas avoir de salade lorsque je faisais un burger ni de coriandre fraîche lorsque je faisais un plat indien. Sauf que je n’avais pas envie de me lancer dans le jardinage avec terre et d’en mettre partout, surtout que je n’ai pas de jardin et que je souhaite faire un potager dans mon appartement. Donc l’hydroponie m’est venue et je me suis mise à me renseigner à ce sujet. Conclusion: c’est simple, rapide et efficace! Simple car ça ne demande que de l’eau + nutriment, rapide car les plantes poussent plus rapidement en hydroponie qu’en terre et efficace, car ça prend moins de place, l’eau est recyclée (cycle fermé) et apparemment, il y a moins de problème de maladie des plantes (peste, virus, etc.).

Avant de me lancer dans une série d’article sur l’hydroponie, je souhaitais signaler que je me considère comme une hydroponoob. Ce blog est avant tout un bloc-notes de mes loisirs avec la façon dont je procède (erreurs incluses), ce n’est donc pas forcément la meilleure ou la plus optimisée ou la plus mauvaise façon de faire, c’est juste mes essaies concluants ou ratages totales. L’idée étant que je puisse suivre l’évolution de mes loisirs et, pourquoi pas, vous donner des infos sur comment vous lancer.

Il n’y a rien de plus simple que de commencer l’hydroponie (hydroculture en français ?), il faut : de l’eau, des nutriments et des graines !

Je viens à peine de commencer et j’ai trois systèmes en court: méthode kratky (=non-circulating hydroponic method = méthode hydroponique non-circulante), ebb-flood (= table à marée) et un pot avec bulleur. Dans ce premier article, je vais parler de la méthode hydroponique la plus simple, la méthode Kratky (c’est le nom du type qui l’a développée). Elle est simple car, une fois que les graines ont germées (les cotylédons sont apparus et les racines suffisamment longues), il suffit de faire baigner les racines dans l’eau enrichie en nutriments. Voilà ! Pas besoin d’arroser, il suffit juste de rajouter de l’eau lorsqu’il y en a presque plus dans le pot.

Voici les étapes, une par une et en photo depuis la germination de graines jusqu’à sa mise en place dans un système hydroponique simple et non-circulant.

En hydroponie, le mieux est d’utiliser le « rockwool cube» pour faire germer ses graines. C’est un substrat en fibres minérales et vendu en cube. Souvent, il y a un petit trou préformé, mais rien ne vous empêche dans faire un autre ou plus grand ou profond en fonction de la taille de la graine à insérer dedans. Voici un exemple de cubes rockwool de 5 x 5 cm. Ça ne coûte pas cher, dans les 10 cents le cube et il y en a de plusieurs tailles. Le gros point positif du rockwool est qu’il conserve bien l’humidité, il n’y a donc pas besoin d’arroser souvent. Dès que la surface commence à devenir sèche, il faut arrosé.

cube rockwool hydroponie

Aussi, il vous faudra un « net pot » (en français : pot en filet ?) pour y placer le cube rockwool à l’intérieur et ainsi servir de support à la plante tout en lui permettant de laisser pousser ses racines à travers le pot. Alors, comme pour le rockwool, c’est ce qu’il y a de plus simple, c’est facile à s’en procurer et ça ne coûte pas cher, dans les 15 cents le pot. Mais évidemment, vous pouvez bricoler votre système D, tant que vous avez un substrat/support pour y laisser germer la graine / semis tout en lui permettant de laisser pousser ses racines, ça devrait faire l’affaire.

net pot

Au niveau des étapes, je procède ainsi :

  • Je fais tremper le cube dans l’eau une ou deux minutes. Généralement, je mets tous mes cubes à tremper en même temps et je procède comme suit, un par un.
  • Je mets le cube dans un « net pot »
  • Je place la graine dans le trou du cube rockwool. Généralement, je mets deux graines dans le même trou, si les deux germes, je garde la meilleur/robuste et je vire l’autre. (Variante : j’avais placé deux graines de piments aux coins opposés du cube, les deux ont germées, du coup, j’ai sorti le cube du pot, j’ai coupé le cube en deux que j’ai inséré dans deux pots distincts. Ainsi, j’ai gardé les deux plants de piments)
  • J’arrose le cube de temps en temps et j’attends que la graine germe. Dès qu’une racine dépasse du cube, je mets l’ensemble dans un système hydroponique. Ici, un pot d’un litre de yaourt Lidl. Mais libre à vous d’utiliser le pot que vous souhaitez, tout peut convenir, tant qu’il est opaque, étanche et ne modifie pas le pH de l’eau (ni sa conductance/salinité/etc.). S’il n’est pas opaque, il suffit de le peindre en noir ou de l’enrouler de feuille d’aluminium. L’idée étant d’éviter le contacte entre la lumière et les racines + nutriments, vu qu’ils n’aiment pas ça.

Voici un petit tutoriel en image de comment fabriquer un système hydroponique simple et non-circulant :

  • J’ai mon net pot, mes cubes plongés dans l’eau (sans nutriment, ici c’est juste pour les rendre humides), mon pot de yaourt d’un litre et mes graines.
    hydroponic tutorial kratky method DIY
  • J’ai inséré des graines dans le trou du cube. Généralement, on voit bien le trou préformé du cube rockwool, si ce n’est pas le cas, il suffit de le faire soit même comme ici.
    hydroponic tutorial kratky method DIY
  • Ensuite, j’ai fait un trou au milieu du couvercle avec un cutter. Le trou doit avoir un diamètre un peu plus petit que le haut du « net pot » (logique, sinon il ne tiendra pas et tombera dans le pot).
    hydroponic tutorial kratky method DIY
  • Voilà, ce que ça donne une fois le net pot est placé dans le couvercle du pot de yaourt. Pour le moment, il n’y a pas d’eau, ni de nutriment dans le pot de yaourt.
    hydroponic tutorial kratky method DIY
  •  Enfin, j’arrose lorsque le haut du cube commence à sécher (bon, en fait, j’arrose une fois par jour) et plus qu’à attendre que ça germe !hydroponic tutorial kratky method DIY

Une fois que ça a germé, j’ajoute de l’eau + nutriment. L’idée est que les racines seulement baignent dans la solution aqueuse enrichie en nutriments liquides. Donc je mets de l’eau jusqu’au niveau des racines et j’ajoute la quantité nécessaire de nutriments liquides. Comme la plante vient juste de germer, je dilue de moitié la concentration de nutriments annoncés par le fabriquant. Exemple, si la bouteille dit 7mL/L d’eau, je ne mets que 3.5mL/L d’eau, c’est d’ailleurs ce que suggère ma bouteille et pour le moment, j’ai toujours mis qu’une cuillère à café de nutriment dans un litre d’eau.

Pour les nutriments, j’utilise Hydrogrow de la marque Ionic, rien d’autre. D’ailleurs, concernant les nutriments, en plus d’avoir plusieurs marques différentes, il y a plusieurs type de nutriments liquides (pour une même marque) dont le ratio N-P-K (macroéléments: Nitrogène/Phosphore/Potassium) et autres microéléments diffèrent. Certaines marques, propose 2 ou 3 types de liquides au ratio différents à mélanger soi-même en fonction du stade de la plante et de ce qui fonctionne le mieux à force de teste. Pour le moment, j’ai encore suffisamment d’hydro grow d’Ionic, donc je reste sur ce liquide à nutriments, je verrais ensuite pour les mélanges et l’optimisation.

Voilà ! Plus qu’à mettre la plante sous une source de lumière (ici sur le rebord de la fenêtre, mais des LED et autres types de lampes pour croissance de plantes feront l’affaire) et de la voir pousser. Le niveau d’eau va descendre progressivement au fil des besoins de la plante (donc cycle d’eau fermé = pas de perte/gaspillage d’eau), il faut juste penser à remettre de l’eau + nutriments lorsqu’il ne reste presque plus d’eau. Une fois l’eau quasiment épuisée, j’ai prévu de changer de pot de yaourt, afin de pouvoir nettoyer celui en court et ainsi réduire les risque de contamination. D’ailleurs, c’est l’un des gros avantages à avoir un « rockwool » dans un « net pot », on peut le déplacer de bac en bac et de système en système sans aucune difficulté.

Voici ce que donne l’un des plants de basilic un mois plus tard. J’ai ensuite coupé le haut de la plante pour l’utiliser dans un hamburger maison et ainsi permettre à la plante de se développer encore plus.

hydroponic tutorial kratky method DIY

hydroponic tutorial kratky method DIY

Sauf erreur de ma part, il me semble qu’il est possible de faire pousser tous types de plantes ainsi. C’est sure qu’en fonction de la plante voulue, le pot sera plus ou moins grand. Mais ici, vous avez la méthode la plus simple pour faire pousser vos herbes, légumes et fruits en appartement comme en jardin.